Le selfie

Publié le mercredi, 16 janvier 2019 dans la catégorie Des newsletters par Sandrine Mulas

LE SELFIE

 

Autoportraits À bout de bras, vous tenez votre téléphone orienté vers votre visage,

sur l’écran vous vous découvrez instantanément, et vous vous photographiez.

Et quand l’image correspond à celui ou celle que vous pensez être, vous l’affranchissez :

vous l’envoyez à vos amis, à vos contacts, via vos réseaux sociaux,

vous attendez qu’il se passe quelque chose : qu’on vous « aime », qu’on relaie votre image, qu’on la commente…

Vous avez réalisé un selfie, et cette image s’ajoute aux dizaines de millions d’autoportraits déjà recensés sur Internet.

 

Ce n’est qu’une fois postés sur les réseaux sociaux que les selfies se mettent à exister,

car ce sont, par définition,des « images connectées ».

Autrement dit, l’image de soi ne peut être valorisée que si elle est relayée par les réseaux sociaux.

Et mon selfie ne deviendra légitime que s’il est validé par autrui.

« Il ne s’agit pas d’une simple affirmation de soi », m’explique l’écrivain Christian Salmon, « mais d’un acte performatif dont le succès se mesure au nombre de commentaires et de likes obtenus.

Les likes, commentaires et retweets sont la monnaie de singe du performeur que chacun est appelé à devenir.

» Quand je suis à mon tour tenté de réaliser ces fameux selfies, je détourne le regard de l’objectif ou je ferme les yeux :

car c’est l’endroit où je me trouve (l’arrière-plan) qui m’intéresse par-dessus tout.

L’image m’aide à me souvenir de ce que j’ai bien pu vivre.

 

À cet instant, si je photographiais frontalement mon visage, je serais effrayé à l’idée qu’il me ressemble trop, ou qu’il m’apparaisse comme celui d’un autre.

 

EXTRAIT DU LIVRE : " Fond de l'oeil : (Petites histoires de photographies) " de Amaury Da Cunha

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Sandrine Mulas

Elle dit : « je dois arrêter de chercher les clefs de la valise partout. Surtout que c'est la valise entière que j'ai perdue».

Cette confession résume le personnage : Sandrine Mulas est une femme qui cherche en courant à résoudre une énigme dont la clef serait perdue quelque part dans la consigne automatique de la gare d’une ville inconnue. Pas facile. Quand elle parle, ce que l’on perçoit d’abord c’est l’intensité, la permanence et l’endurance de sa course. On comprend vite qu’elle a besoin de courir.

Plus que de savoir pourquoi elle court.

 

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